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Orphée et Eurydice au Grand-Théâtre d’Angers, une mise en scène sur la domination de genre

Sophie Michel 2 min de lecture
Orphée et Eurydice au Grand-Théâtre d'Angers, une mise en scène sur la domination de genre

Un opéra classique, mais pas un opéra sage. Mardi 3 et mercredi 4 novembre, le Grand-Théâtre d’Angers accueille Orphée et Eurydice de Gluck, dans une mise en scène de Lorraine de Sagazan. Elle y questionne la domination de genre dans le couple.

Une légende revue à hauteur d’aujourd’hui

L’histoire est connue : Orphée descend aux enfers pour sauver Eurydice, sa promise. Mais il ignore qu’aucun regard ne doit être échangé. Il condamne alors Eurydice à mourir une seconde fois, avant qu’Amour ne réunisse le couple.

Lorraine de Sagazan lit cette histoire autrement. Elle s’interroge : pourquoi serait-on sûr qu’Orphée doit sauver Eurydice, qui a l’air si heureuse parmi les morts ? Sa mise en scène évoque la masculinité toxique et le féminicide, tout en gardant l’émotion de l’œuvre.

Elle assume ce parti pris : « Je crois qu’il faut essayer d’aller dans le sens de la subversion, car monter cette œuvre de manière trop académique serait trahir l’audace de Gluck, même si elle nous semble aujourd’hui patrimoniale. » L’opéra date de 1762 et se voulait déjà une réforme du genre.

Église en dentelle et cuisine d’acier

Le décor raconte deux mondes. Les vivants évoluent dans la silhouette découpée d’une église en dentelle. Les morts occupent une cuisine aux placards bardés d’acier. Au centre du plateau, une sculpture en trois dimensions inspirée de L’Origine du monde de Gustave Courbet fait office de passage entre la vie et la mort. Pour la metteuse en scène, c’est « une invite à sortir de l’idéalisation ».

La vidéo s’invite aussi sur scène : elle dénonce le masculinisme, accompagne le jeu d’un texte critique, puis le spectacle se termine par un hommage à la poésie de Louise Labé. Le tout se déroule dans un temps suspendu, où vivants et morts se retrouvent, porté par la beauté des voix et de la musique.

Sur scène

Au plateau : Sahy Ratia (Orphée), Jenny Daviet (Eurydice), Mariamielle Lamagat (Amour) et Romain Gy. Rendez-vous au Grand-Théâtre, à Angers, les 3 et 4 novembre. Le spectacle sera ensuite repris à l’Opéra de Rennes, du 20 au 26 juin 2027.

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